Chronique marine #12

Voici maintenant l'épilogue de ce premier voyage en tant qu'officier, dans notre magnifique grand nord.

Le retour c'est effectué sans anicroche. De longues heures à surveiller les vagues, à la recherche de "grolers", nous sommes maintenant milieu octobre et les nuits sont longues à cette latitude. Mais ces longues nuits déversent sur nous toutes les beautés des aurores boréales. Les histoires de chasses-galeries me reviennent à l'esprit lorsque je me rappelle ces rideaux de lumière et de couleur qui se déroulaient à une vitesse incroyable au-dessus de nos têtes. Sur un ciel noir d'encre, une petite lueur se définissait à l'horizon et envahissait notre champs de vision dans le temps d'une respiration. Jamais pareil, toujours spectaculaire, ce spectacle gratuit meublait les nuits froides de notre retour.

Le retour à la "civilisation" fut un choc. Le bruit, la lumière, la vitesse, et même l'isolement, sur un navire nous sommes une communauté tissée serrée et jamais l'on a l'impression d'être seul. Pour moi, un chapitre de ma vie se terminait. La compagnie était maintenant fermé pour moi, un mauvais rapport du capitaine... Tous ces efforts pour rien! Du moins, tel était mon impression à cet instant. Et les vrais fous qui avaient le meilleur de la chose... Mais quelques un dans cette conférence ont parlé de justice cosmique, et bien oui, elle existe. Voici se que j'ai appris quelques années plus tard, le domaine maritime étant si petit.

Tout d'abord le capitaine. La seule image qui me vient à l'esprit lorsque je pense à lui est pirate. J'ai su que les cadets qui travaillaient à bord lors des voyages dans le nord étaient payés par le gouvernement fédéral $15.00 de l'heure à chaque fois qu'ils manipulaient le cargo. L'administrateur et le capitaine avait établi un système où les cadets recevaient $5.00 et le reste était partagé entre eux. On parle ici d'environ 50 000 à 60 000 dollars pour chaque voyage dans le nord, il y en eu 4 effectués dans ces conditions. Les cadets, dont je fus en 82, étaient tous des étudiants sans le sous, qui auraient bien eu besoins de ces ressources. De plus, ce pirate vendait de l'alcool aux inuits, faisaient de la contrebande de sculptures et volaient la compagnie maritime. Mais tant de mauvaise conduite l'a conduit à sa propre perte. En 85, il a cru les facilités de baie Déception abandonnées et y a accosté le navire sous prétexte de tempête. Il a pillé les battisses et a ramassé une fortune d'équipement. Ce qu'il ignorait, c'est qu'un gardien y était toujours et qu'un rapport a été fait à la GRC. En revenant à Montréal, Le navire a été fouillé et non seulement on a retrouvé les objets volés, mais également des sculptures inuits non enregistrées. Lors de l'enquête, il a été établi qu'elles avaient été échangé pour de l'alcool. Alors, un procès a suivi, il a perdu son brevet de capitaine, a eu une grosse amende et n'a plus le droit d'aller dans le nord. Au dernière nouvelle, il vendait des voitures usagées dans Cap Rouge. Je n'achèterais même pas une mobilette de cet inquiétant personnage.

Le con de premier tant qu'à lui, n'était que cela, un idiot. Il a prit la place du capitaine après ses déboires avec la justice. Mais dès son deuxième été en tant que bonhomme, à fait une grossière erreur de navigation, il a échoué le navire dans la baie de Povunignituk. Plutôt que de le déclarer à la garde côtière canadienne, il a tenté de camoufler son accident et a déchiré la coque en essuyant de se déprendre. De l'huile lourde c'est répandue et a lui aussi perdu son brevet, mais seulement pour un an. Je sais qu'il a pendant quelques années navigué comme officier, mais je ne sais pas ce qu'il fait à présent.

Louis, le deuxième officier a continué pour une autre compagnie. Mon père qui a une mémoire épouvantable pour les noms, l'a rencontré quelques années après et voici se qu'il m'a dit: "Chan, un des officiers avec lequel tu as navigué dans le nord te fais dire bonjour, son nom est quelque chose comme Louis De L'Autre Bord De La Rivière." Je doute que quelqu'un puisse trouver le nom de cet ami, d'origine belge.

Tant qu'à moi, j'ai été un an sans travail dans mon domaine. Mais je vous assure que la suite de mes aventures devient après cela encore plus rocambolesque....

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